Mon avis sur Nocturnal Animals de Tom Ford

De la création  d’un mini empire de la mode, à la réalisation de films dont le fond et la forme détonnent, Tom Ford monte sur le podium des grands de l’esthétisme. Après l’émouvant A Single Man, je ne voulais pas passer à côté d’une nouvelle expérience visuelle et émotionnelle… Je n’ai pas été déçue. Voici mon avis sur Nocturnal Animals, son dernier film toujours en salles.

Tom Ford qui dirige ses superbes acteurs : Jake Gyllenhaal et Michael Shannon

Entre fantasme et réalité…

Avant toute chose, un petit laïus à propos de ce sombre film s’impose : une femme triste (Susan), un homme qu’elle a quitté (Edward). Il lui envoie son prochain roman. Les images apparaissent au gré de la lecture de Susan. Le spectateur ne sait pas si c’est elle qui les imagine, ou si la réalité se dessine devant ses yeux rivés sur grand écran. La lecture prend de l’ampleur et entame vite son rythme d’infernale croisière : un homme, sa femme et sa fille sont pris à parti par les racailles du Texas, en pleine nuit, en plein désert, sans réseau, etc… L’enfer, quoi. S’installent vingt interminables minutes où l’on espère juste une fin heureuse. Mais non.

Les aller-retour visuels entre l’histoire que Susan lit/imagine et le confort de sa chambre permettent de faire quelques pauses appréciées, qui rappellent au spectateur sa situation spatio temporelle. Tu es bien dans une salle de cinéma, et non pas coincé sur une route déserte en pleine nuit. Ces brèves répits offrent également une faible baisse du rythme cardiaque, et un (très, très léger) relâchement de la main du chéri. Il a dû faire une cure d’Arnica après ça.

…Avec le naïf espoir d’une fin heureuse

On survole les détails pour arriver à la partie que j’aurais aimé différente : la femme et sa fille sont enlevées et retrouvées dans un piteux état mortuaire le lendemain, après tortures en tous genres. Beurk.
Et si, pour une fois, on avait dressé le portrait de deux femmes fortes qui parviennent à se sortir d’un possible carnage ?  Je sais, c’est pas Disney. Cette voix naïve et positivement féministe n’a cessé de raisonner depuis ce scénario catastrophe. Tom, t’aurais pas pu faire un petit effort ? Elles auraient pu s’en sortir, certes avec quelques blessures. Et retrouver le mari/père. Non ? Non.

Place à l’esthétique

Ceci dit, ce film vaut réellement le détour, même s’il risque de hanter vos trajets pendant quelques jours. Je dois tirer mon chapeau-bas aux dimensions esthétiques de Nocturnal Animals. La présence d’une expertise mode et artistique est belle et bien là. On sent aussi une subtile once de moquerie quant au manque d’auto-dérision des gens dans ces milieux d’apparences. C’est aussi ce qui m’a permis de souffler pendant l’heure et 57 minutes de la séance.

Bref, vous l’aurez compris : une semaine après avoir vu le dernier film de Tom Ford, les images restent encore vives. Je vous conseille vivement d’être bien accompagnée pour vous y rendre – éventuellement par quelqu’un qui pourra supporter la pression constante de votre main sur la sienne.

Malgré tout, j’espère vous avoir donner envie de prendre votre courage à deux mains et d’affronter ce thriller angoissant. Et si vous avez déjà passé l’étape, donnez-moi vos avis ! 🙂

xoxo

Elena sans H