Et maintenant, on fait quoi du maillot de foot ?

Quelques jours après la fin de l’Euro de foot 2016 et son énergie grisante, j’avais envie de revenir sur ce mois riche en émotions, rebondissements et surtout (re)découverte d’une fierté de coq à faire pâlir les plus vieux supporters anglais.

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Si comme moi, tu as suivi les matchs de poules comme si ta vie en dépendait – tape dans tes mains. Oui, jamais je n’aurais pensé assumer cela un jour. Ou tout simplement le dire. Le foot, ça n’a jamais été mon truc. Sauf pendant les gros matchs – comme 90% de la population féminine française.

Là, tout était différent. Déjà, ça se passait à la « maison ». Et surtout, ça se passait dans un contexte où tout le monde (y compris moi-même) avait tendance à s’en prendre à tous les coqs de France pas seulement parce qu’ils s’expriment bruyamment à 5h du matin.

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Pendant 1 mois, tout était palpable parce qu’à proximité : l’humour des irlandais, l’humilité des islandais, la cohésion des français. Une équipe française qui a su transmettre par je ne sais quelle magie sa cohésion à toute une population en mal du pays. Je repense aux nombreux tweets précisant que la France avait « besoin de son équipe de foot » pour aller mieux. C’est dingue qu’un sport puisse avoir une influence aussi positive sur l’état d’esprit d’un pays entier !

Quelques jours plus tard, je vois qu’un homme s’est fait tabasser à la sortie d’un bar parce qu’il portait le maillot du Portugal. Nul doute, le patriotisme est allé beaucoup trop loin. C’est à croire qu’un français ne connaît pas la demi-mesure. C’est tout ou rien. On déteste ou on adore à n’importe quel prix. Mais alors comment peut-on se complaire dans cette gymnastique relationnelle avec son propre pays ?

Finalement, cet article est aussi une auto-critique. J’en viens à mettre en doute ma propre honnêteté quant à mon sentiment pour cette douce France. Je critique beaucoup la mentalité des uns et affirme ne pas me retrouver dans celle des autres (grandir dans une double culture n’est pas toujours un avantage). Mais quand il s’agit de crier haut et fort « allez les bleus », je suis presque la première debout.

 

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Bon, vous vous en doutez… J’ai quand même réfléchis à ce sujet quelques heures avant de rédiger cet article.
On a le droit de faire ce que l’on veut, et de penser ce que l’on veut tant que l’on respecte autrui. Alors j’ai fait le choix de dire « MERDE » et « j’ai envie de quitter ce pays » sans pour autant dénigrer le fait que oui, je suis française. Et ça se voit quand je suis ailleurs (pas uniquement parce que je porte des marinières). Et je défends cette idée quand je suis ailleurs. Parce que ce que j’aime de notre petit pays qui tombe en ruine, c’est qu’il aura toujours des filets pour l’empêcher de s’écrouler complètement.

xoxo

Elena sans H

Pour la tenue, j’ai opté pour un petit panel de bleu-blanc-rouge histoire de se la jouer culturellement et doucement patriote. J’ai lâché mon pauvre 501 vintage au profit d’un 501 d’une autre époque : le CT. Adopté assez rapidement et au doux prix de 36€ (oui je sais, je fais des miracles). Avec une marinière Armorlux Kids que j’ai depuis mes 12 ans, et un top Mes Demoiselles trouvé au vide dressing Les Emplettes

Photos : Minhia