L’espadrille, indispensable de l’été 2016 ?

La grande nouvelle de la semaine : c’est la rentrée. Oui, mais pas pour tout le monde. Je cherche toujours un nouveau boulot, alors plutôt que de me lamenter sur les candidatures refusées (mais pourquoiiii ?!), je repars en vacances pour 3 jours. Le luxe.
Qui dit vacances, dit aussi « tenue de vacances ». Et quand on parle de tenue de vacances, on ne peut pas passer à côté des uniques tongs à la française AKA les espadrilles. Ces chaussures qui ne durent qu’un été, faites de corde de jute ou de chanvre tressée et de toile de lin/coton sont devenues les indispensables de l’été 2016. Et j’ai voulu comprendre pourquoi…

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Mais d’où vient l’espadrille ?

Si vous me suivez depuis un bout de temps, vous savez que j’aime raconter l’histoire d’une pièce ou du moins quelques faits marquants. Vous n’y manquerez pas ici car l’espadrille est bien capricieuse concernant sa date d’apparition. Tantôt considérée espagnole, tantôt affirmée comme étant basque, l’espadrille se révèle être une très vieille dame car le premier modèle de soulier fait en chanvre tressé a été découvert à Grenade, et aurait plus de 4000 ans… En gros, on porte les mêmes godasses que Cléopatre.

C’est vachement plus tard que l’espadrille a dû refaire une apparition plus raisonnante, car à partir du siècle des Lumières, elle fut commercialisée au Pays Basque. C’est sans doute pour cela qu’elle est aujourd’hui revendiquée basque par des maisons comme Pare Gabia, qui a toujours produit ses espadrilles dans cette superbe région de France, et plus particulièrement à Bayonne (du moins c’est ce que la vendeuse m’a raconté lorsque j’ai acheté ma première paire…). Bon évidemment, avec l’arrivée du prêt-à-porter et du gros boom de la mode accessible, l’espadrille a dû s’adapter à nouveau à ce marché de demande en constante évolution, mais aussi se recréer en fonction de certaines idées inattendues… Comme ce jour où Yves Saint Laurent, qui aimait tant utilisé des pièces aux influences méditerranéennes dans ses collections, demanda une espadrille à talons pour satisfaire les dames. Grande première à cette époque. C’est aujourd’hui l’espadrille à talons, notamment celle de Castaner qui fait vibrer les réseaux sociaux grâce aux blogueuses les plus influentes.

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Pourquoi l’espadrille est-elle devenue à la mode ?

Alors oui, les blogueuses comme Adenorah, Collage Vintage, etc… ont une part importante dans la hausse instantanée de la popularité de cette espadrille à talons. Mais que pense-t-on de l’espadrille plus classique ? Est-elle aussi devenue l’indispensable de l’été ou se résume-t-elle à quelques touristes parisiens souhaitant se sentir « plus proche de la nature » en ayant les pieds dans la corde ?

Je me souviens de la première paire d’espadrilles achetées : c’était à Bayonne lorsque j’avais 15 ans. Elles étaient très simples et ne coûtaient que 17€. Elles furent mes alliées de l’été pendant quelques mois… Avant d’avoir à leur dire adieu. La gomme qui protège la corde s’use vite, la toile s’élargit aussi rapidement et le pied tangue. Malgré la courte longévité de ces compagnons d’été, nos petons ne s’en lassent pas. Et pourtant, on se moquait pas mal de moi quand je rentrais à Paris espadrilles aux pieds, en affirmant qu’elles n’étaient que des chaussures de vacances, pour la plage et franchement pas jolies.

Pourtant avec le temps, elles sont devenues plus stylées : des rubans, un talon plus féminin, des coutures originales, de différentes matières, etc… Tout cela pour devenir un « it » produit. Tous ces détails ont rendu les espadrilles plus attrayantes. Pour aller plus loin, je pense que ce qui a rendu l’espadrille incontournable, c’est la coolitude qu’elle dégage. Sa connotation de farniente, de détente, et de non chalance autrefois critiquée, fait d’elle une chaussure de bobo qui s’assume.

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Pourquoi j’ai succombé à cette mode, alors que je ne suis pas la mode ?

Peut-être que si, je suis un peu une suiveuse… Ou peut-être que j’avais envie de renoué avec mes espadrilles de vacances au Pays Basque. J’ai aimé le ruban plus féminin, le rouge flashy et l’idée qu’elles paraissent plus citadines. Le joli petit chiffre à l’euro m’a tout de même questionné : pourquoi on passe d’un léger 17€ à un plus extravagant de 79€ ? Il existe aujourd’hui des modèles Made in China au même prix que les espadrilles d’il y a 10 ans avec une qualité amoindrie. Est ce qu’il s’agit uniquement d’un prix de production en Europe (ici, en Espagne) ou c’est parce qu’on achète aussi la marque et l’image cool ?

Bon en tous cas, c’est un achat que je ne regrette pas. Elles étaient difficiles à porter au début, puis se sont faites à mon pied. J’espère pouvoir les garder plus de deux étés, afin de rentabiliser cet investissement pour une chaussure éphémère autant par sa durée de vie que par sa résonance estivale. Histoire à suivre…

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Evidemment, j’aimerai savoir ce que vous pensez des espadrilles ? Si vous en avez acheté ? Et si oui de quelle marque ? On m’a, par exemple, dit qu’elles dégagent une odeur nauséabonde après un petit moment… Je n’ai jamais fait fuir personne en les retirant !

Pour la tenue, j’ai choisi une combishort qui ressemble à une robe achetée dans un marché vintage à New York il y a 3 ans (aaaah New York…), une veste Levi’s vintage portée sur les épaules pour ne pas étouffer pendant le shooting sous 35 degrés, des lunettes de soleil Dries Van Noten trouvées chez Opta Montmartre, et des espadrilles Castaner…

xoxo

Elena sans H

Photos : Anaïs