Pourquoi je culpabilise lorsque j’achète une jolie robe ?

L’été indien a semble-t-il opté pour une escale parisienne ce weekend. C’est donc sans trop de remords que je dégote ces photos prises en août, lorsque les journées s’accordaient très bien avec une petite robe volante et féminine…

Celle-ci est un coup de coeur-raisonné (= on réfléchit avant d’acheter) trouvé chez Marie-Sixtine pendant les soldes… Depuis que j’ai été invitée dans leur boutique de la rue du Temple en mai dernier, je voue une certaine admiration pour les couleurs chatoyantes et le style rétro de cette maison parisienne. Néanmoins, ce n’est pas une marque décrétée comme étant « éco-responsable » compte tenu du pays de production (ici, la Chine) et des matières utilisées (beaucoup de matières de synthèse comme la viscose).

Alors, on culpabilise  ?

L’industrie de la mode est l’une des plus polluante de la planète. On utilise principalement des matières comme le coton (une grosse part du marché du coton est OGM – merci Monsanto) ou le pétrole (pour les matières synthétiques). Les coups de main d’oeuvre seront moins onéreux en Chine, au Bangladesh ou en Turquie mais il faudra ajouter du temps de transport et donc d’autres options polluantes.

Bref, ce mini-résumé fait, on peut culpabiliser.

A chacun son échelle de mode responsable…

On dit souvent qu’acheter de la mode responsable nécessite un budget conséquent. On peut également ne pas acheter du tout, je vous l’accorde.

Pourtant, chaque personne peut trouver son échelle d’éco-responsabilité par rapport à ce qui lui correspond (financièrement, en terme d’engagement, de temps, etc…). Certaines vont préférer des matières imitant le cuir (responsabilité de traitement animal) – n’oublions pas que les matières synthétiques sont faites à partir de pétrole… l’industrie la plus polluante du monde. D’autres, vont favoriser le made in France (qualité de main d’oeuvre, limitation du transport) ; d’autres encore vont opter uniquement pour des marques qui utilisent des fibres recyclées ou ont un engagement social comme Ekyog, Veja ou Patagonia.

En ce qui me concerne, j’ai choisi trois options de consommation durable de la mode :

  1. acheter en seconde main (friperie, site de revente, vide dressing),
  2. favoriser des produits de qualité pour être certaine de garder mes vêtements longtemps et limiter les achats impulsifs (d’où le « coup de coeur réfléchi »).
  3. Et surtout : ne pas mettre un pied chez Zara, Mango et H&M, autrement dit : les rois de la fast fashion.

La fast fashion et le rôle des influenceurs

La fast fashion (mode rapide), c’est le terme utilisé pour définir une mode qui produit rapidement pour consommer rapidement et changer rapidement. C’est la mode qui a été inventée dès le début des années 2000, quand on a voulu acheter moins cher, en plus grosse quantité en se disant que c’est vachement cool de consommer en masse. Sauf que c’est pas cool du tout pour notre précieuse planète Terre. On est en sursis, même si on ne veut parfois pas le voir… Alors c’est à chacun, à son échelle, d’agir comme on le peut.

Et c’est là où les « influenceurs » devraient s’apercevoir de leur rôle important : arrêtons d’être irresponsable envers notre lectorat ! Les langues se délient de plus en plus, des blogueurs et autres influenceurs parlent de cette mode plus responsable avec davantage de facilité et d’engagement. Pourtant, certains persistent à ne communiquer quasiment spécifiquement sur leurs achats quotidiens, souvent chez Zara, Mango, et H&M. Cela me surprend toujours qu’une personne ayant 100 000 personnes regardant quotidiennement ses faits et gestes, ne se sente pas plus responsable que cela. Ceci est valable pour n’importe quelle personne qui communique sur le web et les réseaux sociaux, non ?

Ne pas culpabiliser, mais compenser. 

Ceci dit, personne n’est parfait.. ! J’ai acheté cette robe fabriquée en Chine, composée principalement de viscose. Mais j’ai réfléchi à mon achat, que j’ai porté régulièrement et compte continuer à porter pendant encore plusieurs années ! Donc oui, je culpabilise. Pour ne pas s’autoflageller, il suffit de compenser : acheter moins, acheter en seconde main, et s’assurer que ce petit écart ne va pas flétrir au bout de quelques semaines.

Et vous alors, comment consommez-vous responsablement ?

Allez, chacun(e) d’entre nous peut y arriver ! Prochaine étape : fabriquer ses propres vêtements !

xoxo

Eléna sans H

Robe Marie-SixtineVeste en jean GAP (achetée en seconde main) – Espadrilles Castaner (achetée l’année dernière)

Crédit photos : Alinette Mass